Norme NF C 15-100 et location : les 6 points de contrôle électriques obligatoires
Découvrez les 6 exigences de sécurité minimales au tableau et dans les pièces humides pour garantir la décence de votre logement en location.

Selon l’Observatoire National de la Sécurité Électrique (ONSE), 82,6 % des installations électriques de plus de 15 ans présentent au moins une anomalie. Pour un propriétaire bailleur, ce chiffre n’est pas qu’une statistique technique : il représente un risque juridique et financier majeur. En effet, la loi impose de louer un logement décent, ce qui implique une installation électrique ne mettant pas en danger la sécurité des occupants. En cas d’accident ou de simple contrôle, une installation non conforme peut entraîner la requalification du logement en logement non décent, suspendant ainsi le versement des loyers voire engageant la responsabilité pénale du bailleur.
Bien que la mise aux normes totale selon la norme NF C 15-100 ne soit pas exigée dans l’ancien (sauf en cas de rénovation lourde), la réglementation impose le respect de 6 exigences de sécurité minimales. Ces points de contrôle, issus du diagnostic électrique obligatoire, constituent le socle de la mise en sécurité de votre bien locatif.
Le cadre légal de la décence et l’exigence de mise en sécurité
Louer un bien immobilier implique des obligations strictes concernant l’état de l’installation électrique. La loi du 6 juillet 1989 stipule que le bailleur est tenu de remettre au locataire un logement décent, ne laissant apparaître aucun risque manifeste pour la sécurité physique et la santé. Pour matérialiser cette obligation, le décret n°2002-120 précise les critères de décence, parmi lesquels figure le bon fonctionnement des réseaux d’électricité. Depuis 2017, la réalisation d’un diagnostic électrique obligatoire (DEO) est requise pour toute location d’un logement dont l’installation a plus de 15 ans. Ce diagnostic, indispensable lors de l’acquisition d’un bien, est détaillé dans notre guide pour acheter une maison à rénover dans le Nord-Est : le diagnostic complet avant de signer.
Il convient de distinguer la mise aux normes complète de la simple mise en sécurité. Une mise aux normes totale selon la NF C 15-100 s’applique aux constructions neuves ou aux rénovations lourdes avec dépose complète des cloisons. Pour un logement existant mis en location, la loi exige une mise en sécurité, qui garantit que l’installation ne présente aucun danger immédiat. Ce niveau de sécurité minimale s’articule autour de six points clés. Négliger ces aspects expose le propriétaire à des sanctions lourdes : suspension des allocations logement, obligation de réaliser les travaux sous astreinte, ou annulation du bail. De plus, les compagnies d’assurance peuvent refuser de couvrir les dommages en cas de sinistre si un défaut de mise en sécurité est caractérisé. Pour plus d’informations sur nos services d’accompagnement, vous pouvez consulter notre page dédiée aux prestations de notre électricien.
Point de contrôle n°1 : L’appareil général de commande et de coupure (AGCP)
La première exigence minimale concerne la présence d’un appareil général de commande et de coupure, communément appelé disjoncteur de branchement ou disjoncteur de tête. Cet organe de sécurité doit être facilement accessible depuis l’intérieur du logement. Son rôle est double : il permet à l’occupant de couper instantanément et en un seul geste la totalité de l’alimentation électrique en cas d’urgence (départ d’incendie, inondation, électrisation), et il protège l’ensemble de l’installation contre les surcharges globales provenant du réseau de distribution.
L’appareil doit être situé dans un espace de vie du logement, et non dans un local extérieur ou un sous-sol inaccessible sans clé. Dans de nombreux appartements anciens, le disjoncteur général est encore situé sur le palier ou dans les parties communes, ce qui constitue une anomalie majeure au regard de la sécurité. Pour y remédier, il est nécessaire de déporter la coupure d’urgence à l’intérieur du logement. Lors de la rénovation de l’Appartement Strasbourg (CH-2025-092) à Strasbourg (67), un haussmannien de 84 m², nos équipes ont dû restructurer l’alimentation générale pour intégrer un disjoncteur de branchement accessible directement dans l’entrée, sécurisant ainsi l’accès pour les futurs locataires.
Point de contrôle n°2 : La protection différentielle à haute sensibilité (30 mA)
Le deuxième point, et sans doute le plus crucial pour la protection des vies humaines, est la présence d’au moins un dispositif différentiel à haute sensibilité, d’un calibre maximal de 30 milliampères (mA), placé à l’origine de l’installation. Ce dispositif a pour fonction de détecter les fuites de courant vers la terre, qui se produisent par exemple lorsqu’une personne touche un appareil défectueux dont la carcasse métallique est sous tension. En coupant le courant en une fraction de seconde, le différentiel 30 mA prévient l’électrocution.
Dans les installations anciennes, on trouve fréquemment des tableaux électriques obsolètes équipés de fusibles à porcelaine ou de coupe-circuits à tabatière sans aucun dispositif différentiel de protection des personnes. Ces anciens systèmes, s’ils protègent parfois contre les courts-circuits, sont totalement inefficaces contre les fuites de courant de faible intensité qui suffisent pourtant à provoquer un arrêt cardiaque. Selon l’ONSE, on dénombre encore 34 décès par électrocution et environ 3 000 électrisations accidentelles par an en France. La mise en sécurité impose de remplacer ces tableaux vétustes par des coffrets modernes équipés d’interrupteurs différentiels de type AC pour les circuits standards et de type A pour les plaques de cuisson et lave-linges. Pour estimer le budget d’une telle intervention, la mise en sécurité d’un tableau seul oscille généralement entre 1 200 et 2 500 € (indicatif, seul un devis après visite technique fait foi). Vous pouvez également utiliser notre simulateur de devis pour une première estimation.

Point de contrôle n°3 : Les disjoncteurs divisionnaires contre les surcharges
Le troisième point de contrôle concerne les dispositifs de protection contre les surcharges et les courts-circuits, placés au départ de chaque circuit. Ces dispositifs doivent être adaptés à la section des conducteurs qu’ils protègent. Concrètement, un fil électrique possède une capacité maximale de transport de courant : si l’on branche trop d’appareils de forte puissance sur une même ligne, le fil chauffe, l’isolant fond, et un incendie peut se déclarer.
Les incendies d’origine électrique représentent 20 à 35 % des incendies domestiques en France, soit environ 153 000 sinistres par an d’après l’ONSE. Pour écarter ce risque, chaque circuit doit être protégé par un disjoncteur divisionnaire (ou un coupe-circuit à cartouche fusible conforme) dont le calibre est rigoureusement dimensionné : 16 ampères (A) maximum pour les circuits de prises de courant câblés en 1,5 mm² (ou 20 A pour du 2,5 mm²), et 16 A pour les circuits d’éclairage câblés en 1,5 mm². Les circuits de puissance spécifiques, comme les plaques de cuisson (32 A en 6 mm²) ou le four (20 A en 2,5 mm²), doivent impérativement disposer de leur propre ligne dédiée. Lors de la transformation du Loft Wazemmes (CH-2026-087) à Lille (59), nos compagnons ont entièrement recréé les circuits de distribution pour séparer les prises de la cuisine des autres pièces de vie, évitant ainsi les surcharges répétées sur une installation initialement sous-dimensionnée.
Point de contrôle n°4 : La mise à la terre et la liaison équipotentielle
La protection différentielle ne peut fonctionner de manière optimale que si elle est associée à une mise à la terre efficace de l’installation. C’est le quatrième point de contrôle obligatoire. La mise à la terre consiste à relier les parties métalliques des appareils électriques (carcasse du réfrigérateur, du lave-linge, des radiateurs) à une prise de terre physique (piquet de terre ou boucle en fond de fouille) via un conducteur vert-jaune. En cas de défaut d’isolement, le courant de fuite est évacué vers le sol, ce qui déclenche instantanément le disjoncteur différentiel 30 mA.
L’absence de mise à la terre est l’une des anomalies les plus fréquentes relevées par l’ONSE dans le parc locatif ancien. En plus de la mise à la terre générale, la réglementation impose la création d’une liaison équipotentielle principale (LEP) qui relie toutes les canalisations métalliques (eau, gaz, chauffage) à la terre, ainsi qu’une liaison équipotentielle locale (LEL) dans chaque salle de bains. Si votre immeuble ne dispose pas d’une colonne de terre collective, le diagnostic le mentionnera, et il appartiendra à la copropriété de réaliser les travaux nécessaires. À l’échelle privative, le bailleur doit s’assurer que toutes les prises de courant des pièces humides et des cuisines comportent bien une broche de terre fonctionnelle. Pour vous guider dans vos démarches techniques, vous pouvez solliciter notre conseiller en ligne.

Point de contrôle n°5 : La sécurité renforcée dans la salle de bains
La salle de bains est la pièce la plus dangereuse du logement en raison de la présence simultanée d’eau et d’électricité. L’eau diminue drastiquement la résistance électrique du corps humain, rendant le risque d’électrocution immédiat en cas de contact avec une source de tension. C’est pourquoi la norme NF C 15-100 définit des volumes de sécurité très stricts autour de la baignoire ou de la douche, constituant le cinquième point de contrôle majeur pour la décence d’une location.
La réglementation distingue trois volumes principaux :
- Le Volume 0 correspond à l’intérieur de la baignoire ou du receveur de douche. Aucun appareil électrique n’y est toléré, à l’exception des équipements très basse tension de sécurité (TBTS 12V) spécifiquement conçus pour cet usage.
- Le Volume 1 s’étend au-dessus du volume 0 jusqu’à une hauteur de 2,25 mètres. Seuls les chauffe-eau instantanés ou à accumulation de classe II peuvent y être installés sous certaines conditions.
- Le Volume 2 s’étend sur une distance de 60 centimètres autour de la baignoire ou de la douche. Les prises de courant standards y sont strictement interdites. Seules les prises pour rasoir équipées d’un transformateur d’isolement ou les appareils de chauffage de classe II protégés par un différentiel 30 mA sont admis.
Toute prise de courant classique doit être positionnée en dehors de ces volumes (hors volume). Lors de la réhabilitation de l’Atelier Roubaix (CH-2025-178) à Roubaix (59), nos électriciens ont dû repositionner l’ensemble des appareillages de la pièce d’eau pour respecter scrupuleusement ces distances de sécurité, un point non négociable pour l’obtention de l’attestation de conformité délivrée par le Consuel.

Point de contrôle n°6 : L’absence de matériels vétustes et de conducteurs dénudés
Le sixième et dernier point de contrôle obligatoire concerne l’état physique général de l’installation. Tout matériel électrique présentant des signes de vétusté prononcée, de dégradation ou des parties actives sous tension accessibles doit être immédiatement remplacé. Sont visés ici les conducteurs isolés sous gaine textile (fils entourés de coton, très fréquents dans les logements d’avant 1950), les prises de courant et interrupteurs cassés dont les bornes intérieures sont visibles, ou encore les boîtes de dérivation dont le couvercle est absent.
Ces équipements vétustes présentent un risque d’électrisation par contact direct, en particulier pour les enfants. De plus, les isolants en caoutchouc ou en tissu se dégradent avec le temps et finissent par s’effriter sous l’effet de la chaleur, créant des arcs électriques propices aux départs de feu. Pour un bailleur, la présence de tels matériels constitue une non-décence flagrante. La mise en sécurité impose de purger l’installation de ces éléments obsolètes et de les remplacer par des appareillages modernes encastrés ou posés sous goulottes de protection conformes aux exigences de protection mécanique. Pour en savoir plus sur les normes de sécurité en vigueur, vous pouvez consulter le site de Promotelec.
Planifier la rénovation électrique : coûts, aides et méthode de chantier
Anticiper la rénovation électrique de votre bien locatif est une démarche de gestion de patrimoine prudente. Attendre la panne ou l’accident expose le propriétaire à des coûts d’intervention en urgence bien plus élevés et à d’éventuels litiges judiciaires avec les locataires. Une rénovation électrique complète pour un logement se chiffre généralement entre 90 et 140 € par mètre carré habitable (indicatif, seul un devis après visite technique fait foi). En couplant ces travaux avec d’autres postes de rénovation (peinture, sols), vous mutualisez les coûts de logistique et de préparation de chantier.
Les propriétaires bailleurs peuvent bénéficier de dispositifs financiers pour alléger cet investissement. Bien que les aides directes comme MaPrimeRénov’ de l’Anah ciblent prioritairement la performance énergétique globale (comme l’isolation ou le changement de chauffage), des travaux d’électricité induits par une rénovation énergétique d’ampleur peuvent être intégrés dans les dossiers de subvention. Vous pouvez consulter notre guide sur les aides à la rénovation pour en savoir plus. Attention toutefois à respecter la chronologie administrative : pour sécuriser vos primes, il est indispensable de déposer votre dossier d’aide avant de signer le moindre devis, une règle cruciale détaillée dans notre guide sur les aides à la rénovation 2026 : l’erreur chronologique de devis qui annule définitivement votre prime.
Chez TORAS Rénovation, nous vous accompagnons à chaque étape du projet. Grâce à notre modèle à interlocuteur unique, nous coordonnons l’ensemble des corps de métier — de la mise en sécurité électrique par nos électriciens qualifiés jusqu’aux finitions de peinture et de plâtrerie pour masquer les saignées de câblage. Pour faire le point sur la conformité de votre logement locatif dans les régions Hauts-de-France, Grand Est ou Île-de-France nord, nous vous invitons à solliciter une visite technique gratuite et sans engagement de nos équipes via notre page de contact.

