Rénovation complète 11 août 2026 · 8 min · L'équipe TORAS

Rejointoiement et imperméabilisation des façades en briques : préserver sa maison du Nord-Est de l'humidité

Découvrez comment restaurer les joints de brique et imperméabiliser votre façade dans le Nord et l'Est pour protéger votre maison de l'humidité et du froid.

Le patrimoine architectural des Hauts-de-France et du Grand Est se caractérise par l’omniprésence de la brique de terre cuite. Des maisons de ville des années 1930 à Lille aux anciennes fermes de la Marne ou de la Meuse, ce matériau confère un cachet unique à nos régions. Cependant, la brique rouge est un matériau vivant, doté d’une forte porosité naturelle. Soumise aux rigueurs climatiques du quart Nord-Est de la France — caractérisé par des hivers froids, des pluies battantes fréquentes et des cycles de gel-dégel répétés —, la brique est mise à rude épreuve. Lorsque l’enveloppe extérieure perd son étanchéité, l’eau s’infiltre dans la structure même du mur, entraînant des désordres en cascade qui compromettent la durabilité du bâtiment et le confort thermique des occupants. Pour préserver ces constructions typiques, deux étapes de traitement sont indispensables : le rejointoiement et l’imperméabilisation par hydrofuge de surface.

Les pathologies de l’humidité : du joint effrité à l’éclatement de la brique

Identifier les premiers signes de dégradation d’une façade en briques est essentiel pour éviter des travaux de reprise structurelle lourds et coûteux. La pathologie la plus fréquente concerne l’effritement des joints de mortier. À l’origine, ces joints assurent la liaison et la répartition des charges entre les briques, tout en permettant à la façade de respirer. Sous l’action du vent et de la pluie, le mortier ancien se désagrège, créant des micro-fissures et des cavités. C’est par ces ouvertures que l’eau s’engouffre.

Un autre signe d’alerte majeur est l’apparition de salpêtre, ces dépôts blanchâtres constitués de sels minéraux qui migrent sous l’action de l’humidité et cristallisent à la surface de la brique. À terme, si rien n’est fait, l’eau emprisonnée dans la brique gèle en hiver. Comme l’eau augmente de volume en gelant, elle exerce une pression interne insoutenable qui provoque l’éclatement de la brique (épaufrure). Plutôt que d’attendre une dégradation totale nécessitant une reconstruction partielle des murs, une intervention préventive de rejointoiement permet de pérenniser le bâti à moindre coût. Reporter ces travaux expose le logement à des infiltrations intérieures majeures, dégradant les plâtres, favorisant les moisissures et augmentant drastiquement les coûts de remise en état.

Gros plan sur des joints effrités, du salpêtre et une brique éclatée par le gel.

Le rejointoiement dans les règles de l’art selon le DTU 20.1

Le rejointoiement de maçonnerie ne s’improvise pas et doit respecter scrupuleusement les prescriptions du DTU 20.1, qui régit les ouvrages en maçonnerie de petits éléments. La première étape, cruciale, consiste à purger les anciens joints dégradés sur une profondeur de 15 à 20 millimètres. Ce creusement doit être réalisé avec soin, à l’aide d’un burin plat ou d’une meuleuse équipée d’un disque adapté, pour ne pas corner ou ébrécher les briques adjacentes. Après un dépoussiérage minutieux et un lavage à basse pression pour humidifier le support, on procède à l’application du nouveau mortier.

Le choix du liant est ici capital : l’utilisation d’un mortier de ciment pur (comme le ciment Portland) est une erreur dramatique encore trop fréquente sur le bâti ancien. Le ciment est un matériau trop rigide et totalement étanche à la vapeur d’eau. Il emprisonne l’humidité derrière le joint, ce qui accélère l’altération de la brique qui finit par s’effriter et pourrir de l’intérieur sous l’effet des pressions de vapeur. Le DTU 20.1 impose l’utilisation de mortiers à base de chaux hydraulique naturelle (NHL 2 ou NHL 3.5), éventuellement bâtardés avec un faible pourcentage de ciment blanc. La chaux possède une souplesse mécanique qui absorbe les mouvements naturels du bâtiment et une excellente perméabilité à la vapeur d’eau qui garantit la respiration de la paroi.

Gros plan sur des joints neufs en mortier de chaux hydraulique naturelle.

L’imperméabilisation par hydrofuge de surface : fonctionnement et bénéfices

Une fois le rejointoiement effectué et parfaitement sec, l’application d’un traitement hydrofuge de surface constitue une protection complémentaire hautement efficace. Ce produit, généralement à base de résines silanes ou siloxanes en phase aqueuse, est appliqué par pulvérisation ou au rouleau jusqu’à saturation du support. Contrairement aux idées reçues, un hydrofuge de qualité ne forme pas un film étanche et bloquant à la surface du mur. Il agit par capillarité : il pénètre dans les pores de la brique et du mortier sur plusieurs millimètres pour en modifier la tension superficielle.

‘eau de pluie ne s’infiltre plus et glisse sur la façade sous forme de gouttelettes (effet perlant), tandis que la perméabilité à la vapeur d’eau est préservée à plus de 90 %. Cela signifie que l’humidité intérieure de la maison peut toujours s’évacuer vers l’extérieur, évitant ainsi les phénomènes de condensation interne et de moisissures. Ce traitement protège également la façade contre l’encrassement atmosphérique et le développement des mousses et lichens, particulièrement actifs dans les zones humides du Nord et de l’Est. Il est toutefois impératif de n’appliquer l’hydrofuge que sur un support parfaitement sain, nettoyé et réparé, sous peine d’emprisonner des désordres préexistants.

Effet perlant de l'eau sous forme de gouttes sur une brique hydrofugée.

L’impact thermique : pourquoi une façade humide ruine vos efforts d’isolation

L’impact de l’humidité sur les performances thermiques d’une maison est souvent sous-estimé. Une brique saturée d’eau perd la quasi-totalité de son pouvoir isolant naturel, car l’eau conduit la chaleur environ 25 fois plus que l’air immobile contenu dans les pores du matériau. En maintenant vos murs au sec grâce au rejointoiement et à l’imperméabilisation, vous réduisez significativement les déperditions de chaleur de l’enveloppe.

Pour aller plus loin et atteindre une performance énergétique optimale, ces travaux de maçonnerie sont fréquemment couplés à une isolation thermique par l’extérieur (ITE). Sur un chantier représentatif mené par TORAS, la Maison Bauer à Lille, une maison de ville de 1930 de 184 m² présentait une façade en briques fortement altérée avec un R initial proche de 0,9 m²·K/W. Les travaux ont combiné un rejointoiement soigné, le traitement des points singuliers à l’enduit de chaux, et la pose d’une ITE en fibre de bois de 140 mm. Grâce à cette approche globale, la résistance thermique des murs est passée à un R de 5,2 m²·K/W, permettant une réduction mesurée de la consommation de chauffage de 62 % et un passage du DPE de la classe E à la classe B.

Pour une ITE complète, comptez un budget indicatif de 150 à 250 €/m² de façade avec du polystyrène graphité, et de 190 à 300 €/m² pour une isolation écologique en fibre de bois (tarifs indicatifs avant aides, seul un devis après visite technique fait foi). La fibre de bois est particulièrement recommandée sur le bâti ancien en brique ou en pierre car elle respecte la perspirance naturelle des parois tout en apportant un excellent déphasage thermique de 10 à 12 heures pour le confort d’été.

La coordination des travaux dans le cadre d’une rénovation globale

Traiter sa façade de manière isolée est parfois une fausse bonne idée si l’on ne prend pas en compte l’ensemble de l’enveloppe du bâtiment. Dans le cadre d’une rénovation complète, la coordination des différents corps d’état est la clé de voûte de la réussite du projet. Par exemple, refaire les joints d’une façade sans vérifier l’état des étanchéités de fenêtres ou des appuis de baies peut ruiner les bénéfices des travaux. De même, si vous envisagez de changer vos fenêtres, il est impératif de caler cette intervention avec celle du façadier pour garantir un calfeutrement parfait et supprimer les ponts thermiques en tableau.

Chez TORAS, nous mettons à votre disposition un interlocuteur unique qui coordonne l’ensemble des lots : maçonnerie, isolation, menuiserie et électricité. Si vous observez des désordres électriques en parallèle de vos problèmes d’humidité, consultez notre guide sur les 5 signes qu’il faut refaire votre installation électrique pour budgétiser vos travaux de mise en sécurité (NF C 15-100). Pour estimer globalement le budget de vos travaux, vous pouvez utiliser notre simulateur de devis ou échanger en direct avec notre conseiller en ligne.

Budget, aides financières et démarches pour votre projet de façade

La rénovation de façade et l’amélioration de l’enveloppe thermique ouvrent droit à d’importants dispositifs d’accompagnement financier, notamment lorsque les travaux incluent une isolation thermique ou s’inscrivent dans une rénovation d’ampleur. MaPrimeRénov’, pilotée par l’Anah, propose des subventions calculées selon votre revenu fiscal de référence, réparties en quatre profils de couleurs. Ce dispositif est cumulable avec les Primes CEE (Certificats d’économies d’énergie), que nous déduisons directement de nos devis chez TORAS pour vous éviter l’avance de trésorerie.

De plus, pour les logements de plus de deux ans, les travaux d’amélioration énergétique bénéficient d’une TVA réduite à 5,5 %, tandis que les travaux de simple ravalement ou rejointoiement esthétique sont soumis à une TVA de 10 %. Pour financer votre reste à charge, l’éco-PTZ permet d’emprunter jusqu’à 50 000 € sans intérêt sur une durée maximale de 20 ans.

Attention, pour bénéficier de ces aides financières, les travaux doivent obligatoirement être réalisés par une entreprise qualifiée RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) et la demande doit impérativement être déposée avant la signature du moindre devis ou le début du chantier. Pour vous y retrouver et estimer vos droits, consultez la plateforme officielle France Rénov’ et leur outil pour estimer vos aides, ou laissez nos équipes vous accompagner dans le montage de votre dossier.

Pour préserver durablement votre patrimoine en briques dans les Hauts-de-France ou le Grand Est, la visite d’un technicien qualifié est indispensable afin de réaliser un diagnostic précis des pathologies de votre façade. Contactez nos équipes via notre page demander un devis pour organiser une visite technique gratuite et sans engagement sur votre site sous 48 heures.

Un projet concret ?
Devis sous 48h.